Le Faubourg d'Arival vu par les cartes postales et par Frédéric Renauld
Bien sûr que le nom donné au faubourg provient de la tour d'Harival et qu'avec les années le "H" a disparu. Un faubourg est primitivement un quartier "fors le bourg" (de l'ancien français "fors"qui signifie "en dehors") donc en dehors des murs ou au-delà des portes d'une ville. C'est le seul "Faubourg" de Virton. Au départ, c'est d'abord un chemin reliant le Vieux-Virton à la nouvelle ville médiévale. Puis comme l'Avenue Bouvier, ce sera une des premières routes à relier Virton à Saint-Mard. C'est d'ailleurs pour cela que ce sont là des rues mixtes dont une partie se trouve en territoire virtonnais et l'autre en territoire saint-mardois. Historiquement, la rue du faubourg commence à Virton et se termine à Saint-Mard.
On aurait pu aussi appeler le Faubourg d'Arival, "la rue des brasseurs" car les différentes générations des principales familles de brasseurs de Virton (Renauld, Lesquoy et obschette) y ont toutes habité. Les brasseries étaient situées juste à côté de leurs domiciles (brasserie Lesquoy) ou à l'arrière de ceux-ci (brasseries Renauld et Hobschette, construites à la rue des hottées donc à l'arrière du Faubourg d'Arival). C'était aussi à l'époque la rue des notables et des principaux commerçants.
Le Faubourg d'Arival vu d'avion dans le début des années 60.
Le Faubourg d'Arival, de haut en bas :
C'est une des premières cartes colorisées datée de 1905 de la célèbre série 32 de Nels, où l'on a ajouté quelques touches de couleurs bien réparties à celle en N/B.
Et oui, l'imprimerie Michel Frères n'a pas toujours été installée à la rue basse. Elle a occupé le N° 1 du Faubourg. C'est la quincaillerie Maheu qui occupait à l'époque l'autre emplacement.
Si la première maison de gauche était une imprimerie ; la deuxième a été une librairie ; la troisième fut la maison de maître de l'avocat Brey. Diable que de lettrés dans le début de ce Faubourg !
Une vue d'avant 1940, où l'on remarque les dimensions des poteaux électriques de l'époque qui acheminaient vers le centre de Virton, l'électricité provenant de la Centrale électrique établie rue du moulin qui aura permis à notre cité d'avoir son autonomie énergétique durant de nombreuses années. --- On y voit aussi que le faubourg est séparé en deux avec un muret depuis ce poteau.
Le Faubourg d'Arival, de bas en haut :
C'est une des premières cartes-vues du Faubourg que nous devons à l'imprimerie Raty. Datée de 1900, elle est écrite en allemand.
Le libellé est imprimé en rouge (plus rare) --- C'est peut-être une des premières cartes musicales ? (du Faubourg en tout cas)
Les enfants du quartier posent pour la photo :
Ils ont reconnu le photographe et ils accourent pour la traditionnelle photo non loin du magasin "Au Roi Albert". Ce bazar a d'abord été tenu par Randaxhe puis par Lafontaine, éditeurs de cartes postales sur Virton.
Ici aussi, un beau petit attroupement sur la droite. Vous voyez cette charrette, c'est celle d'un fermier dont la ferme était située là où il y a maintenant le supermarché GB. Vous remarquerez aussi qu'il est imprimé "Rue des Faubourgs" sur cette carte- vue.
Liste des éditeurs et imprimeurs des cartes postales anciennes
Il y a le Grand et le Petit Faubourg …
Vous voyez sur votre gauche toutes ces petites filles presque au garde à vous et leurs parents assis sur des bancs devant leur maison, ils se trouvent dans le Grand Faubourg.
Ces gens qui s'activent à débiter un arbre sur le côté droit, se trouvent quant à eux dans le Petit Faubourg. Cette carte postale était offerte par la mercerie bonneterie "A Sainte-Marie" établie à la fois à Virton et à Ciney. Elle édita plusieurs cartes d'endroits connus de la cité.
Voici mon père, Henri Renauld, endimanché pour sa communion. Il pose devant la maison familiale qui se trouvait dans le Petit Faubourg. A cause de la dénivellation du terrain, les maisons de droite (pour les photos) sont à contre bas de la route. Elles ont un chemin qui leur est propre ainsi que des escaliers d'accès. Voyez en haut à gauche, "ON" c'était la fin de l'enseigne du magasin du coin : Delhaize Le Lion.
Il y avait même un marché aux bestiaux :
Achille Renauld (brasseur de 1897 à 1913). Renauld, brasseur de père en fils Il pose devant le photographe durant la foire aux bestiaux du vendredi. Il habite au petit faubourg (flèche rouge) juste à côté de la maison du brasseur Hobschette. (Ils sont voisins pour les maisons comme pour les brasseries) Il ne faut pas oublier que les brasseurs à cette époque sont aussi des fermiers-cultivateurs. Conclusions & Collections
Les arbres du Faubourg …
Ici, on a planté des arbres des deux côtés du Faubourg. --- Là par contre il y a des arbres que du côté du Grand Faubourg.
En 1948, les arbres du Grand Faubourg avaient atteint leurs sommets. Ils seront abattus dans les années qui suivront et ils ne seront jamais remplacés.
Il y avait déjà beaucoup de commerces au Faubourg …
En ce temps-là, les devantures des magasins étaient toutes en bois et peintes en noir. Les noms des commerces étaient en lettres dorées. Ça faisait chic !
Là aussi, il y a eu plusieurs générations aux commandes. Le dernier s'appelait René Bastien.
Cette vue aérienne nous montre l'ensemble de la toute première école communale construite à Virton. A sa droite, la maison du brasseur Lesquoy avec une partie des annexes de la brasserie. --- A gauche, une facture du temps de la brasserie. Brasserie Lesquoy
Voici le cliché original (à gauche) qui permettra d'imprimer la carte postale avec un intitulé sur la face vue (à droite). Ici, ce n'était pas difficile de réunir du monde, il fallait seulement attendre la sortie de l'école. Sur l'intitulé de cette photo, l'imprimeur s'est trompé en inscrivant Orival au lieu d'Arival ! (= pièce de collection).
du collège communal à L'Athénée Royal
Voici une facture de l'Excelsior qui donnera à Virton ses couleurs "vertes et blanches". Comme indiqué sur cette facture de 1953 : "maillot vert, parement et culotte blanche".
Et on finit par Frantz Bouillon.
Voici à quoi ressemblait au début les établissements Frantz Bouillon : magasin moyen au RDC et appartement à l'étage. Juste au bout du Faubourg d'Arival en territoire saint-mardois (appelé "route de Virton" sur ses factures). --- Remarquez le haut de la facture avec du bleu où l'on voit différentes pièces de rechange.
Frantz Bouillon Il avait su trouver le bon créneau : la vente d'huile et de pièces de rechange automobile. Installé d'abord sur la Grand'Place même de Virton, il ira s'installer à Saint-Mard, au pied du Vieux-Virton (sur les lieux même du nouvel immeuble à appartements de Covalux). Sa société se développera avec 6 succursales dans la province de Luxembourg et elle sera aussi établie à Namur et à Bruxelles. Il ne pensait que par l'Amérique : il aimait les grosses voitures américaines, les westerns à la TV et la bourse américaine était son pain quotidien. Il vivait le rêve américain mais en restant à Virton. Quand ça n'allait pas : il disait toujours "Ah Funérailles". Sa citation favorite : "Usez de tout, n'abusez de rien ! "
Ces cartes postales publicitaires ont été publiées pour les Ets Frantz Bouillon. Si elles ont exactement le même libellé publicitaire, ces 2 Publibel ont des numérations différentes (1472 et 1415) Les autres sociétés ou organismes de Virton à avoir été publiés en Publibel (entiers postaux) sont : la Socolait et le Musée gaumais.
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“Le Musée virtuel et gratuit de Frédéric Renauld